13 juin 2008
J + 111 ou la préparation tranquille d'un trek difficile
Arrivée à Sonamarg en bus, une des dernières enclaves du Cachemire "autorisé". Nous sommes accueillis par un grand balisage au-dessus de la route : "The Indian Army welcomes you". En effet, Sonamarg est un avant-poste idéal avant les frontières "chaudes". Perché à 2700 mètres d'altitude et à quelques centaines de kilomètres à vol d'oiseau de la frontière Afghane (où 9 militaires américains ont été tués par une offensive talibane le 16 juillet 2008), ce petit village a la particularité d'être devenu en un coup d'oeil un de mes endroits préférés de toute ma courte vie. La route traversant les quelques commerces devient microscopique si on lève les yeux quelques instants. En effet, la vallée est incroyablement large et monte petit à petit comme un énorme stade ; sauf qu'à la place des tribunes, vous pouvez admirer une forêt de pins géants d'un côté et une pelouse verte broutée par des chevaux "sauvages" de l'autre.
Pour arriver à ce point, le bus nous a fait découvrir les merveilles du Cachemire en longeant pendant plusieurs heures une rivière incroyablement parfaite pour un tour de rafting. Imaginez juste un décor idéal pour un film ou tout simplement pour une scène montrant ce qu'est le Paradis. Vous y êtes ? Et bien, le Cachemire, aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est ça... On a du mal à y croire lorsque vous le lisez dans les guides mais sur place, on est convaincu sans problème... Allez j'arrête. Je reprends le cours de mon histoire. J'en étais où déjà ? Ah oui ! Les chevaux non-sellés qui broutent l'herbe. Intéressant ? Oui, surtout lorsqu'on assiste à des reproductions accélérés entre étalon et jument consentante...
Avant de trouver les guides idéals à un prix lui aussi idéal, nous négocions deux chambres dans le seul hôtel à petit budget de la commune dirigé par des Sikhs. Il fait frais dehors et ça fait du bien de se sauver des chaleurs des plaines. Guillaume et moi trouvons chacun un petit "coat" pour se sauvegarder des températures himalayennes. Nous avons aussi eu le temps de trouver nos futurs collaborateurs de montagne qui nous guideront dans les hautes altitudes. Nous négocions un trek en cheval pour 11 000 roupies pour 3 nuits et 4 jours. Il n'y aura qu'une tente pour nous quatre et nous devons acheter à manger. Autant dire que nos emplettes seront très simplifiés. Au menu des 4 jours : des paquets de noodles, du pain de mie et des barres chocolatées. Nous comprendrons, à l'avenir, que ce choix simplifié n'aura pas été le bon. L'eau, elle, étant fourni par l'équipage. Le rendez-vous est fixé en début de matinée le lendemain.
La nuit tombée, nous dégustons dans un petit restaurant le fameux Rista que convoitait Will depuis quelques jours. Ses petites bouliches de mouton trempées dans une sauce sont succulentes ! Là, une troupe de jeunes indiens venus des plaines nous invitent et nous dégustons les spécialités locales dans un air de fête. Les jeunes, très ouverts, éduqués et curieux, nous donnent rendez-vous le lendemain avant notre trek. Nous échangeons les numéros, les noms pour Facebook et nous rejoignons avec hâte les chambres du Punjab Hotel. Avec gentillesse mais un peu perdu, un des employés nous fait remarquer qu'il nous attendait pour fermer la porte d'entrée. L'accueil est formidable et moins stressant qu'en "Inde". Nos sacs de voyage seront au chaud, ici, pendant toute la durée de notre trek.
Le lendemain est un peu poussif mais nous arrivons sur les lieux du rendez-vous à peu près à l'heure grâce aux jeunes rencontrés la veille qui nous ont déposé en voiture. Les chevaux nous attendent. Il y en a 6. Ils sont assez petits mais n'ont pas la "gueule" de poneys. Le spécialiste hippique me contredira forcément en affirmant que ce sont des poneys et pas des chevaux, peu importe, ils vont se coltiner quatre occidentaux en mal d'aventure. Les guides sherpas sont au nombre de trois. Il y a Manzoor, le principal interlocuteur, Faruq, un jeune arabe assez sec qui a l'air de maîtriser les chevaux comme s'il les avait conçu et Mushtaq le cuisinier. Tous les trois portent la barbe et n'ont pas encore la trentaine. Seul Caroline a une expérience significative de "cavalerie" mais je suis le seul à ne pas avoir chevauché "réellement". Et pourtant, je suis assez excité à l'idée de commencer cette nouvelle expérience qui-plus-est dans un des endroits les plus beaux au monde.
Un dernier tchaï et c'est parti, l'aventure commence...
Commentaires
Et Yorslip? Il est ou?
Avec le cuistot t'es sauvé !!!
je te rassure,tu as l'air a l'aise sur ton "cheval"...et pas ridicule du tout!!!!(merci caroline pour la photo!)
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